MATILDE CARLI

ENG/
Matilde builds her practice mainly on observation drawing. But contrary to what one might expect, she is in no way a naturalist. Indeed, Matilde's will to translate reality as she perceives it, places her subjectivity, her sensitivity at the center of her works. Armed with a solid line, flexible and rigid at the same time, her drawings are of a strength that can only be found in artists whose line is at the center of their preoccupations. Close to Egon Schiele when she works with graphite, she switches to Phillip Guston's side as soon as she changes medium and moves to ink.
The hand, one of her favorite subjects, allows her to create a mise en abyme of the painting. The subject also becomes the instrument drawing the subject, the first instrument of painting. A hand painting a hand. A hand holding a brush in its hand. One cannot help but think of Velazquez's hand in the painting of the meninas, the very gesture of painting in painting. Or the study of the hand of the warrior in Picasso's Guernica, twisted by the effort in all its demonstration of power. Mathilde takes the longest and most difficult way, the one that no one else takes, and seeks, through her observation of the world, to show what no one has ever seen before.

FR/
Matilde construit principalement sa pratique sur le dessin d’observation. Mais contrairement à ce à quoi on saurait s’attendre, elle n’est en  aucun cas naturaliste. En effet, la volonté de Mathilde de traduire la réalité telle qu’elle la perçoit, place sa subjectivité, sa sensibilité au centre de ses œuvres. Armée d’une ligne solide, souple et rigide à la fois, ses dessins sont d’une force qu’on ne retrouve que chez les artistes dont la ligne est au centre de leurs préoccupation. Proche de Egon Schiele lorsqu’elle travaille à la mine de plomb, elle bascule du côté de Phillip Guston aussitôt qu’elle change de médium et passe à l'encre.
La main, un de ses sujets de prédilection, lui permet de créer une mise en abyme de la peinture. Le sujet devient aussi l’instrument dessinant le sujet, premier instrument de la peinture. Une main peignant une main. Une main tenant un pinceau à la main. On ne peut s’empêcher de penser à la main de Velazquez dans le tableau des ménines, geste même de la peinture en peinture. Ou encore à l’étude de la main du guerrier de Guernica de Picasso, tordue par l’effort dans toute sa démonstration de puissance. Mathilde prend le chemin le plus long, le plus difficile, celui que plus personne ne prend et cherche, au travers de son observation du monde, à donner à voir ce que personne n’avait encore jamais vu.
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